L’intelligence économique pour développer le tourisme tunisien
03 August 2010
Zakaria DIAKITE
L’intelligence économique s’impose aujourd’hui comme un processus et un « état d’esprit » à développer pour aspirer à des niveaux plus important de compétitivité et de croissance.
C’est même l’outil idéal en ces temps de flous et de perturbations. La fragilité des différents secteurs économique, et l’imprévisibilité des changements, nécessitent une attention particulière aux flux informationnels, à l’interprétation exacte des évènements pour pouvoir anticiper. Le secteur touristique tunisien est l’un de ces secteurs fragiles et qui font face à des contraintes importantes que ce soit au niveau de la conjoncture internationale ou nationale. Les opérateurs viennent d’être secoués récemment par une affaire de faillite d’un important tour opérateurs « Royal Tours », et qui a laissé une ardoise salée dans les comptes des hôtels tunisiens. Une situation qui aurait pu être évitée si un processus d’intelligence économique avait été mis en place, que ce soit au niveau gouvernemental ou des opérateurs. Cet incident, qui laissera des séquelles, peut être un élément déclencheur pour la mise en place d’un système de veille et d’intelligence économique propre au secteur touristique.
Une affaire qui fait, tâche d’huile :
Avec une saison qui s’annonce plutôt bonne, le tourisme tunisien arrive à tirer son épingle du jeu avec de moindres dégâts. La destination tunisienne est toujours prisée par de nombreux touristes malgré une concurrence rude et une conjoncture économique très hostile. On s’attendait à une baisse considérable des réservations touristiques cette année et ce pour de multiples raisons :
- La coupe du monde en Afrique du Sud,
- Les problèmes économiques de la zone euro et la montée du chômage,
- Le mois saint du Ramadan, qui coïncide avec la saison touristique, et qui peut affecter l’arrivée de nos clients maghrébins,
- Un temps plutôt clément dans les principaux pays pourvoyeurs de touristes,
- Une intensification de la concurrence de la part des turques et des marocains, ainsi que d’autres pays du bassin méditerranéen.
Et malgré ces contraintes, le nombre de touristes qui ont choisi la Tunisie n’a baissé que de 1%.
Jusqu’au début du mois de Juillet, tout allait bien pour les tours opérateurs et les hôteliers, jusqu’à l’annonce le 8 Juillet dernier, de la faillite d’un des principaux tours opérateurs qui opèrent sur la destination Tunisie, Royal Tours. Cette déclaration a secoué tout le secteur. Elle a surtout laissé des impayés pour nos hôtels de l’ordre de 800 milles euros soit 1.44 millions de dinars. Le tour opérateur connaissait déjà depuis quelques mois des problèmes financiers et malgré tout le réceptif tunisien « LEADERS TOURS » a continué à travailler avec lui, espérant toujours un paiement qui ne viendra pas. Cette affaire fait tâche d’huile dans l’actuelle saison touristique et a affecté plusieurs hôtels qui souffrent déjà de problèmes financiers.
Elle a surtout gâché le séjour de plusieurs dizaines de touristes qui se sont vu refuser l’hébergement pour non paiement.
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