Non ce n’est pas l’Europe, ni les Etats-Unis, ni le Japon.
Mais plutôt les BRICS: les grandes puissances émergentes.
Que cache ce sigle? Quels sont les pays derrière ces 5 lettres?
- Brésil: 8ème puissance économique mondiale
- Russie: 12ème puissance économique mondiale
- Inde: 11ème puissance économique mondiale
- Chine: 2ème puissance économique mondiale
- South Africa (Afrique du Sud): 26ème puissance économique mondiale
Les BRICS au sommet de Sanya (Chine) en Avril 2011 © AFP
En effet, les BRICS présentent un potentiel énorme à faire peur les pays dits développés. Ils représentent à eux seuls, près de la moitié de la population mondiale, précisément 45%. De plus, selon le FMI, les BRICS devraient assurer plus de 60% de la croissance mondiale autour de 2015.
L’un de leurs objectifs est de faire contre-poids au G8, et par des actions de lobbying communes, de peser sur les décisions économiques et politiques mondiales.
Première contre-attaque, la succession de Dominique Strauss-Kahn au FMI
Les BRICS veulent mettre fin à la “coutume” selon laquelle, depuis 60 ans, c’est un Européen qui est à la tête du FMI et un Américain à la tête de la Banque Mondiale. En effet, le siège de la Direction Générale du FMI est convoité par plusieurs personnalités dont certaines provenant des BRICS. A savoir:
- Armenio Fraga, ancien patron de la Banque Centrale Brésilienne
- Trevor Manuel, ancien Ministre des Finances sud-africain
- Montek Singh Ahluwalia, Directeur adjoint du Commissariat au Plan Indien (mais a 67 ans et l’âge maximum est de 65 ans)
- Min Zhu, ancien Gouverneur de la Banque Centrale Chinoise et actuel conseiller du FMI.
Mais avec une multitude de candidats provenant des 5 grandes puissances émergentes, les BRICS n’ont quasiment aucune chance de changer la donne; et on risque bien de voir l’actuelle Ministre français de l’Economie, Christine LAGARDE, prendre la tête de l’organisation et ainsi assurer le relais de cette coutume vieille de plus de 50 ans.
C’est donc dans l’optique d’éviter que l’Europe ne conserve son siège, que l’Inde, par l’intermédiaire de son Ministre des Finances, a appelé très récemment les autres grands pays émergents à s’unir pour présenter un candidat commun.
Par conséquent, l’enjeu se situe au niveau de la capacité des BRICS à s’entendre et à proposer un candidat unique. Mais en ont-ils la maturité? Réussiront-ils à s’entendre sur ce candidat unique?
L’issue de cette affaire nous en dira long sur l’avenir et le potentiel de cette alliance des 5 pays émergents qui ambitionnent de changer la donne géopolitique et économique mondiale.
Christine Lagarde anticipe une éventuelle entente des BRICS par des actions de Lobbying entamées en début de semaine. En effet, elle mène une véritable opération de séduction auprès des pays émergents afin de leur faire comprendre qu’elle n’est pas la “candidate de l’Europe”, mais plutôt la candidate de tous les pays; et qu’elle a l’intention d’approfondir la réforme de la gouvernance du FMI, en donnant plus de poids aux pays émergents. Sa tournée de séduction a commencé par le Brésil où elle a rencontré son homologue (Ministre de l’Economie); ensuite suivront la Chine et l’Inde.
Pour que les cinq pays du BRICS arrivent à une candidature commune, il faudrait avant tout qu’ils s’entendent sur quelque chose sur une longue durée comme l’ont si bien réussi européens et américains, (”une sorte d’accords d’hommes civilisés”). c’est sans doute pas écris mais il y a quelque chose que européens et américains respectent depuis bien longtemps. Est-ce que les BRICS qui sont culture et de stratégie de développement différents peuvent se trouver un point commun; une sorte de compris à part le fait qu’il sont des pays émergents?
Je suis tout à fait d’accord avec vous Armand et c’est là tout l’enjeu sur l’avenir de ce groupement.
Arriveront-ils à s’entendre? Une chose est sûre, ils en ont les moyens et ils ont intérêt à le faire.
De plus, Américains et Européens se sont entendus, mais ils ne sont tout de même pas “amis”; ils sont toujours en compétition et ils ont des divergences.